Connasse, Princesse des cœurs – « Oh ça va, you are the concierge, you open the gate et puis c’est tout ! »

Connasse ou la mini-série de Canal + qui met en scène Camille Cottin, une parisienne égocentrique à la répartie acide qu’on adore détester. Quand nous avons su que son adaptation cinéma était sortie en salle, une amie et moi nous sommes empressées d’aller la voir après un petit détour chez Zara. Parce qu’elle aspire à un destin « hors du commun », Camille décide de faire tout son possible pour épouser le Prince Harry (William étant déjà casé avec Mrs. Perfect, Little George and Baby Charlotte) et obtenir la vie qu’elle mérite au sein de l’aristocratie britannique. La bande-annonce résume l’esprit de la chose :

Connasse, Princesse des cœurs a été tourné entièrement en caméra cachée. Les gags s’enchaînent en prenant le temps de s’arrêter sur les états d’âme du personnage. Même si un scénario existe donc, la réaction naturelle des protagonistes apparaissant dans le film fait mouche face aux répliques piquantes de Camille. Comme dans la série, on se mort les lèvres en se demandant comment la comédienne insolente réussit à garder son sérieux durant le tournage. J’ai de nombreuses fois redouté qu’elle aille trop loin : ça s’est confirmé puisqu’elle a été arrêtée deux fois, la 1ère pour avoir grimpé sur les grilles de Buckingham et le 2ème pour avoir interrompu une cérémonie à Horseguards (don’t mess around with British policemen). En tout cas, nous avons beaucoup ri et c’est ce qui compte non ?

J’avoue que le fait que le film ait été tourné en grande partie à Londres a pesé dans la balance. J’ai adoré revoir cette ville que j’aime tant. Le film ne dévoile qu’un aperçu de ses parcs et de ses quartiers mais au fond la nostalgie était bien là. Il joue également sur les lieux très touristiques et les clichés des Britanniques : Buckingham Palace, Kensington Gardens, Hyde Park, les gardes imperturbables de Horseguards, les Royals, le thé of course, les bonnes manières et bien d’autres. L’accent franchouillard de Camille fait largement sourire et tranche avec le pur British des Londoniens. Si vous ne parliez pas encore franglais, vous allez vous y mettre en sortant de la salle.

En bref, j’ai passé un très bon moment. Connasse, Princesse des cœurs est une comédie qu’on remarque grâce à sa fraîcheur, à l’assurance de Camille Cottin et à l’audace des deux réalisatrices Eloïse Lang et Noémie Saglio. Une courte liste de mes répliques préférées :

  • « Apparemment you don’t know how to souffle sur mon thé, il est encore brûlant »
  • « Non je passe devant toi j’ai priorité, tu portes une doudoune »
  • « You are trop middle-class for me »
  • « But the cars are not going the right way bordel de shit ! »

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Four films and a series

Oui, ce titre fait référence à ‘Four Weddings and a Funeral’, et oui, c’est nul. Cependant ça me permet d’introduire le sujet cinéma puisqu’aujourd’hui j’aimerais vous parler de quatre films que j’ai vu récemment et de la série que j’ai commencée sur Netflix et à laquelle je suis déjà accro 🙂

J’ai patiemment attendu leur sortie. Pour certains j’avais commis l’erreur de regarder la date de sortie britannique. Quand j’ai compris que j’allais devoir attendre longtemps avant de voir Keira Knightley ou Eddie Redmayne, j’ai sérieusement envisager de m’expatrier une nouvelle fois au Royaume-Uni. Je n’explique pas la période de temps habituelle de quelques mois mois qui séparent la date de sortie britannique (ou américaine) et la française. Peut-être les doublages, la distribution en salle, le marketing… Mon incompréhension a atteint le summum quand une amie m’a annoncé que certains étaient déjà sortis en Espagne depuis longtemps. Peut-être qu’un jour un spécialiste m’éclairera sur le sujet. En attendant vamos :

  • Une Merveilleuse Histoire de Temps (the Theory of Everything)

The-theory-of-everything-poster-goldposter-com-7La vie du brillant scientifique Stephen Hawking en deux heures de temps. L’histoire commence en 1963 alors qu’il étudie à Cambridge. On nous raconte comment il rencontre son extraordinaire femme, l’évolution de sa maladie qui le retranche rapidement dans son fauteuil roulant, sa difficulté croissante à s’exprimer et les évolutions technologiques qui peuvent y pallier, sa vie de famille, mais également le courage dont lui et ses proches font preuve dans la vie de tous les jours. Ce qui m’a fasciné, c’est le caractère profondément positif et la philosophie optimiste de cet homme qui je peux dire m’a fortement inspirée. The Theory of Everything est à mon sens un chef d’oeuvre : les deux acteurs principaux  (Redmayne et Jones) sont bourrés de talent, touchants et convaincants. Le film a connu un énorme succès et en plus d’avoir été nominé 16 fois, il a reçu 7 prix dont celui du meilleur acteur pour Redmayne, meilleur film et meilleure musique (Oscars, BAFTA Awards, Golden Globes, etc.)

  • The Imitation Game

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Je ne pouvais pas ne pas aller voir un film réunissant deux acteurs britanniques que j’adore. The Imitation Game raconte l’histoire du mathématicien Alan Turing qui, chargé par le gouvernement britannique, va tenter de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable. Changeant de code tous les jours, les Alliés n’arrivaient jamais à la décrypter à temps pour connaître les positions des forces allemandes et prévoir leurs attaques (vous avez donc deviné que ça se passe durant la Seconde Guerre Mondiale). J’ai beaucoup aimé le suspense amené par le film, et évidemment le jeu d’acteur. Au départ je pensais que le couple Cumberbatch – Knightley manquerait d’alchimie mais au final ça passe très bien puisque le personnage d’Alan est homosexuel et donc pas tellement attiré par Joan Clarke. Sans vouloir spoiler, la fin est vraiment poignante.

  • Cinquante Nuances de Grey (Fifty Shades of Grey) 

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Ce fameux film que tout le monde critique mais que tout le monde – ou presque – va voir. Entre copines ou en amoureux, le cinéma était plein à craquer une semaine après sa sortie. L’histoire d’une fille qui rencontre mister PDG of the world et qui tombe peu à peu amoureuse de lui, malgré son secret et sa chambre rouge. Je ne me rappelle plus quel journal l’a fait remarquer mais on ne peut pas faire un chef d’oeuvre cinématographique d’un ouvrage fade et insipide. J’ai lu les livres car je suis de celles et ceux qui préfèrent les lire pour pouvoir mieux les critiquer. Ce sont juste des bouquins érotiques au style haché qui je ne sais pour quel raison ont attiré l’attention d’un producteur américain (money money money). Donc je suis allée voir le film pour la même raison (critiquer, pas gagner de l’argent). Au point de vue scénario, on passe les scènes carrément risibles (je vous conseille ce lien Buzzfeed à mourir de rire) et la prétendue tension sexuelle. Dakota Johnson aurait mieux fait de jouer le rôle d’Anna dans la Reine des Neiges. Cependant, si c’est politiquement correct d’attribuer un avantage à ce film, je dirais que c’est son esthétique. Le symbolisme gris des scènes de départ est un peu trop évident, mais le cadre de la scène de négociation du contrat ou encore la beauté de la vue de Seattle depuis l’appartement de Grey envoient du rêve. En bref, je pense que pour apprécier Fifty Shades il faut se déconnecter du réalisme et surtout ne pas se sentir coupable de regarder quelque chose vivement critiqué. Au fond, du moment qu’on s’accorde à dire que ce film n’est pas du cinéma, je pense qu’il n’y a aucun mal à se divertir. Et j’avoue que je ne me souvenais plus que le premier livre s’arrêtait à ce moment. J’étais un peu dégoûtée en sortant. Je plaide coupable.

  • Kingsman : Services Secrets (Kingsman: the Secret Service)

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Déjà, l’affiche est trop cool, les acteurs sont cools, le titre est cool, et les décors reflètent la plupart du temps l’ambiance anglaise. Que demander de plus ? Je suis allée voir ce film pour me détendre et je n’en attendais franchement rien. C’est pour cette raison que j’ai trouvé que Kingsman était un film d’action génial, et ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça au cinéma. L’histoire semble peu originale : un service secret britannique autre que le MI5/MI6 tente de déjouer le projet d’un milliardaire américain. Pour cela, elle commence avec l’entraînement de potentielles recrues, dont un adolescent qui a des problèmes avec les voyous à l’accent cockney du coin. Il deviendra un Kingsman, un homme en costume super classe qui utilise des gadgets à la James Bond. Or, ce film se démarque en évitant les clichés de par les situations imprévues que je ne vous révélerai pas pour ne pas spoiler. Evidemment Colin Firth et Samuel L. Jackson sont extraordinairement talentueux, mais j’ai aussi beaucoup aimé le jeu de Taron Egerton (qui porte une casquette et une veste de jogging sur l’affiche pour montrer que c’est un cassos qui n’a pas été éduqué à Oxford ou à Eton et faire contraste avec le beau parapluie de Colin Firth). On retrouve dans ce film le côté James Bond et aussi beaucoup d’humour. Le réalisateur a également porté beaucoup d’attention à l’esthétique du film pour renvoyer au stéréotype de la classe « naturelle » britannique, qui justement est confrontée au style de la vie quotidienne et plus décontracté américain. Je suis sortie de la salle en étant ravie d’avoir vu ce film. Je le recommande sans hésiter.

  • Orange Is The New Black

Je termine ce long article avec la série qorange-new-black-season-3-spoilersue j’ai commencé à regarder il y a quelques jours: Orange Is the New Black. J’en avais longtemps entendu parler (praised by Cosmopolitain) mais je n’avais jamais eu l’envie de commencer cette série. Jusqu’à maintenant ! Et par où commencer… Piper Chapman est une jolie blonde trentenaire qui est envoyée en prison après que sa dealeuse d’ex-copine l’ait accusée de faire partie du réseau de drogue. On suit son histoire ainsi que celle des autres femmes présentes dans cette prison de basse sécurité du Connecticut. Leur vie quotidienne, les conflits carcéraux, le manque d’intimité, la violence, la pression morale, la menace, les gangs de « blanches », « noires » et « latinos ». Au fur et à mesure des épisodes, on prend conscience de la solidarité féminine et de l’importance des personnalités de chacune. Des scènes sont parfois très violentes, mais représentatives de la vie en prison. C’est ce que j’adore à propos de cette série : le réalisme et également la divergence des points de vue. « L’extérieur », c’est à dire les familles, les amis ou encore les gardiens nous rappellent que ces femmes sont des criminelles et qu’elles sont en prison pour une raison bien précise. Mais lorsqu’on évolue avec elles « à l’intérieur », on ne peut s’empêcher de s’attacher à elles. Et de nous rappeler qu’elles sont encore des femmes. Les différentes morales s’affrontent et c’est ce qui fait la richesse de cette série. Elle démontre les dysfonctionnements du système carcéral sévère américain, sans pour autant faire passer les détenues pour les anges qu’elles sont loin d’être. Piper Chapman évolue d’ailleurs au fil des épisodes et elle adopte un caractère beaucoup plus dur malgré elle, car « en prison, tu y es obligé pour survivre ». J’ai vraiment hâte que les autres saisons soient tournées. J’espère vous avoir donné envie de visionner cette série choc ! 🙂

The Fault In Our Stars (Nos Etoiles Contraires)

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Je ne peux m’empêcher de rédiger un petit article sur Nos Etoiles Contraires (en version originale The Fault In Our Stars) en revenant du cinéma : j’ai attendu trois mois le temps qu’il sorte en France et je n’ai pas été déçue. J’espère qu’il convaincra quelques personnes d’aller voir ce film et de passer un pur moment d’émotion ! Personnellement, je trouve qu’il est à la hauteur du livre de John Green. La magie du bouquin est présente pendant deux heures sur grand écran.

C’est vrai qu’à la lecture du synopsis dans certains cinémas, ça sent le film français chiant et triste à mourir à plein nez, mais détrompez-vous. Nos Etoiles Contraires, c’est un blockbuster américain et la rencontre d’Hazel Grace et d’Augustus, deux jeunes malades du cancer qui partagent une histoire d’amour folle, drôle et surtout pleine de vie. C’est ce paradoxe qui rend l’histoire si extraordinaire. Elle n’a ni pour but d’inspirer la pitié des malades ni de les placer dans un cliché rempli d’héroïsme, mais de les considérer comme humains, malades mais pas encore morts. Pour ma part, je trouverais dommage de la limiter à une histoire pour ados comme Twilight sous prétexte que les personnages en sont.

Je n’avais pas particulièrement d’appréhension en ce qui concerne l’adaptation cinématographique. Finalement, tous les moments forts du livre sont présents, ainsi que toutes les citations célèbres retenues par les fans. C’est sympathique de pouvoir leur donner une voix. D’ailleurs, le casting du film est impeccable, car les acteurs sont très bien choisis. Ils ont respecté leurs personnages de roman, leur fragilité, leurs doutes, leurs peurs, leurs forces. En plus, le couple Hazel/Augustus fonctionne très bien physiquement.

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« La justesse du casting se nourrit de celle de l’écriture » VANITY FAIR

Sans divulguer quoi que ce soit, j’ai évidemment pleuré à certains moments du film, mais pas uniquement parce que j’étais triste : je n’ai pas honte de le dire, certaines scènes sont très émouvantes. Pleines de bonheur. Oui oui oui. Et j’ai été en colère contre Van Houten aussi, même s’il est beaucoup plus cruel avec Hazel et Augustus dans le livre que dans l’adaptation. C’est cet équilibre de sentiments qui fait de Nos Etoiles Contraires the film à aller voir en ce moment au cinéma. Sans compter que dans la salle :

  • Vous trouverez bizarrement très comique les petits sanglotements qui commencent tous à se faire entendre au même instant.
  • Vous ne serez pas seul à applaudir Hazel et Augustus dans la maison d’Anne Frank.
  • Vous n’aurez pas honte de pleurer et vous pourrez arrêter d’arrêter de respirer pour ne pas faire de bruit en reniflant.
  • Vous pourrez éclater de rire avec les autres spectateurs en vous retournant et en remarquant les litres de mascara noir déposés sur les joues de toutes les filles de la salle (vécu en live).

Et en sortant de la salle si vous aimez voyager, vous ne penserez plus qu’à une chose…

Visiter Amsterdam en amoureux ! <3
Visiter Amsterdam en amoureux ! ❤

Maleficent (Maléfique) – I’m not afraid

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Sorti dans les salles de cinéma le mercredi 28 mai, le film raconte l’histoire de Maléfique, la grande méchante de la Belle au Bois Dormant. La bande-annonce est ici, où vous pourrez d’ailleurs entendre la magnifique reprise de la chanson « Once Upon a Dream » par Lana Del Rey. Elle a été dévoilée en novembre 2013, et à la vue du budget qui a servi à la réalisation, Maléfique promettait d’être grandiose. Du moins je l’espérais, car beaucoup de films américains à gros budget se sont révélés être de gros flops. Paradoxalement j’attendais beaucoup de ce film, alors que je n’ai regardé le dessin animé qu’une seule fois car c’est loin d’être mon conte préféré. Moi qui avais peur de tomber dans du Disney gnan-gnan, j’ai été époustouflée par la performance d’Angelina Jolie et le côté un peu sombre que possèdent les anti-héros. Du point de vue de Maléfique, l’histoire est définitivement plus intéressante.

Je tiens à préciser que je suis allée voir Maléfique le jour de sa sortie par hasard (si si je jure) en VF et en 2D. C’est sûr, ceux qui me connaissent savaient que j’aurais évidemment aimé le voir en VO, même si la version française est très bien doublée. Quand à la 2D… Eh bien pour une fois, j’ai été déçue de n’avoir pas payé plus pour la 3D ! En effet la plupart des scènes bourrées d’effets spéciaux étaient magnifiques, surtout que les studios Disney ont tenu à recréer un univers médiévalo-fantastique qui conviendra aux petits et aux grands. Quant à la bande son, c’est du James Newton Howard (Pirates des Caraïbes, la série Batman, Hunger Games pour ne citer qu’eux), donc à la limite de la perfection.

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Je n’ai pas envie de spoiler quoique ce soit ou de vous gâcher la fin donc je vais m’abstenir de trop en raconter. Le film commence avec l’image de Maléfique enfant, adorable petite fée ailée aux yeux expressifs et hypnotiques qui possède des cornes caractéristiques. Elle s’appelle d’ailleurs Maléfique dès le départ, alors que je pensais que c’était un surnom qu’elle avait adopté (en anglais, maleficent rime avec magnificent). Alors qu’elle grandit et devient une magnifique Angelina Jolie à la bouche rouge et aux pommettes saillantes, on comprend la raison pour laquelle elle perd ses ailes et qu’elle devient qui elle est dans le dessin animé. Trahie, elle désigne Aurora comme la victime de sa vengeance. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car le personnage de Maléfique continue d’évoluer. J’ai remarqué que Maléfique revêt différentes tenues qui vont de paire avec sa personnalité, et je trouve ce détail très sympa. Pour ma part, j’ai vraiment apprécié le fait que tout soit logique et s’explique, notamment les références à l’ancien Disney (le dragon, le prince, etc.). En 1959, elle arrive comme une grosse méchante en costume de méchante parce qu’elle n’a pas été invitée au baptême d’Aurora tandis qu’en 2014, elle vient pour montrer qu’elle existe toujours et parce (ah non, je n’ai pas le droit de vous le dire). Bref, un vent de modernité qui fait du bien.

Sinon, Angelina Jolie n’est pas la seule star du film puisque la princesse Aurora est interprétée par l’actrice du moment Elle Fanning, la soeur de Dakota Fanning, que vous avez déjà sûrement aperçue dans un film (récemment, Twilight). Personnellement, je suis un peu partagée. Je l’ai trouvée niaise, mais je ne sais pas si l’actrice joue bien son rôle ou est naturelle. Le Corbeau, l’ami/servant de Maléfique était très bien joué également. Une des trois fées est l’actrice qui joue Dolores Ombrage dans Harry Potter. 

En général, j’avoue que je ne trouve pas beaucoup de défauts au film. Je suis même sortie de la salle en me disant que j’allais acheter le DVD à sa sortie, c’est pour dire (j’ai des goûts assez variés : ça peut aller de the Great Gasby à No Strings Attached donc on ne juge pas s’il vous plaît). Certains trouveront que j’ai totalement tort mais peu importe. Disney abandonne l’histoire parfaite de la princesse parfaite et ses parents parfaits habitant dans leur château parfait. C’est une grande mode en ce moment de remettre au goût du jour les méchants et de leur créer un passé, afin d’expliquer la raison pour laquelle ils sont devenus méchants/cruels/diaboliques/moches (au choix). En ce sens, on ne naît pas méchant, on le devient. Dans le cas des anti-héros féminins, j’imagine que ça s’explique en particulier par l’essor de plus en plus important du féminisme. La nouvelle génération de Disney (Rebelle, la Reine des Neiges, etc.) nous montre qu’une femme n’a plus besoin d’un prince pour s’en sortir et que l’amour fraternel ou l’amitié peuvent être aussi fortes que l’Amour tout court.

J’ai vraiment adoré Maléfique. Je vous le recommande fortement pour passer un bon moment 🙂

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AJ. On est loin de Tomb Raider.

« The memory returns » – Cats the Musical

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Quand j’ai appris il y a quelques semaines que la comédie musicale Cats (de Andrew Lloyd Webber) aller être rejouée pour quelques jours au Wimbledon Theatre, je n’ai pas hésité à acheter ma place en rentrant chez moi. Cats a été un énorme succès à Londres puis à Broadway, mais elle n’est actuellement plus jouée nulle part dans le monde. C’était donc une occasion qu’il ne fallait pas manquer ! J’avais beaucoup entendu parler de cette comédie musicale mais je n’avais jamais regardé le film exprès juste au cas où je pourrais la voir un jour. Et tant mieux, parce que j’ai été scotchée.

Je me suis rendue à Wimbledon jeudi soir. J’étais située dans le Upper Circle au troisième rang au milieu, donc bien placée. J’y suis allée avec mon amie Mélanie qui en est sortie tout aussi accro que moi. En prenant nos places, on papote et on se rend compte qu’aucune de nous deux ne connaît l’histoire, ni les personnages, ni quoi que ce soit en fait. On allait donc être totalement surprise…

On dévoile nos premières impressions à l’entracte : Margaux et Mélanie, titulaires d’une licence d’anglais, n’ont rien compris à l’histoire, mais les chansons et les danses sont tellement d’un niveau extraordinaire qu’elles n’en tiennent pas compte ; même chose pour l’acte II. Paradoxalement on est émerveillé et pas du tout déçu. Car après avoir vérifié la page Cats de Wikipédia, il s’avère qu’on avait tout compris : en fait, la comédie musicale se base sur un poème de l’américain britannique T.S. Eliot (Old Possum’s Book of Practical Cats), et ce poète avait de gros problèmes avec la drogue (véridique), ce qui explique les petits problèmes de compréhension. Mais comme le rappelle le Cheshire Cat dans Alice au Pays des Merveilles, « we’re all mad here« .

En bref, petite introduction à l’histoire :

  • Après nous avoir présenté tous les membres le constituant, l’acte I nous explique que le clan (londonien) des Jellicle Cats se rassemblent chaque année pour un bal spécial, dans lequel un chat choisi par le chef du groupe va être ressuscité ou passer à une autre vie (car les chats en ont neuf, souvenez-vous). On ne cherche pas à savoir le pourquoi du comment, c’est comme ça, c’est magique.
  • L’acte II présente des chansons loufoques dont le sens est assez difficile à saisir (cocaine or marijuna needed). En revanche la fin est beaucoup plus claire car on se concentre un peu plus sur le personnage de Grizabella, qui chante la célèbre chanson « Memory« . Gentille mais vieille, moche, délaissée et rejetée par les Jellicles, elle fait tellement pitié qu’elle est finalement choisie pour entrer dans une nouvelle vie par le chef de clan au bon cœur.

Je rappelle que ce n’est qu’un résumé très condensé de l’histoire ; même si elle n’a pas l’air extraordinaire, voire plutôt ennuyeuse, il ne faut pas se limiter à ça, car en détail les chansons et les personnages sont aussi drôles les uns que les autres, et c’est ce qui fait la richesse de cette comédie musicale definitely très originale. Elle a reçu de nombreuses critiques positives et a été jouée pendant des années à Londres et à Broadway, et après l’avoir vue, je ne suis pas étonnée le moins du monde.

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Cette comédie musicale est assez spéciale car elle est vraiment concentrée sur la danse et la performance des comédiens, qui est absolument époustouflante, et je pèse mes mots. J’ai vu beaucoup de ballets, et j’ai véritablement eu le souffle coupé tant tout était réglé au millimètre, à la perfection. Il pouvait y avoir jusqu’à une trentaine de danseurs sur scène qui étaient raccord sur le moindre mouvement. De plus, les personnages principaux mais aussi ceux au second plan se comportaient exactement comme des chats : ils adoptaient leur « gestuelle » et leur façon d’être, leur souplesse légendaire et leur malice, pour finalement nous faire oublier que derrière ces félins se cachaient des comédiens humains.

En ce qui concerne les chansons, beaucoup d’entre elles sont devenues mythiques dans le milieu des comédies musicales. Elles ont été écrites par Andrew Lloyd Webberqui a aussi composé Phantom of the Opera ou encore Evita. Il est tellement talentueux que ses comédies musicales sont acclamées avant leur sortie. Il a reçu un titre de la Reine Elizabeth II, des Tony Awards, des Grammy Awards, et il a son étoile sur Hollywood Boulevard. Je pense que tout est dit.

Le décor sur scène et les petites guirlandes illuminées font aussi parti du charme. D’ailleurs, c’était le même décor que dans le film si vous êtes tentés de le regarder… Je suis vraiment contente de l’avoir regardé après être allée à Wimbledon, car ce que je pensais être un film est en réalité une sorte de spectacle filmé adapté au format cinéma. Donc évidemment moins bien de mon point de vue car le live n’a rien à voir avec la version enregistrée.

Le show va se déplacer de ville en ville (UK) donc si vous avez l’occasion de le voir n’hésitez pas. En plus les tarifs sont beaucoup plus abordables qu’une comédie musicale en plein Londres (ma place a coûté £25), et la performance n’en est pas moins professionnelle. Sinon, il vous reste toujours le film 🙂

« Tell them how I am defying gravity! » – Wicked the Musical

 

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Broadway’s biggest blockbuster (The New York Times)

Ma passion pour les comédies musicales est assez récente. J’ai eu la chance de voir Wicked il y a deux ans à Broadway, New York. C’est comme ça que je suis tombée amoureuse des ‘musicals’. 

Wicked raconte comment Elphaba est devenue la Méchante Sorcière de l’Ouest (the Wicked Witch of the West) du Magicien d’Oz. En allant voir le spectacle, je ne connaissais pas du tout l’histoire d’origine avec Dorothy, donc j’ai réellement découvert tous les personnages. En résumé, elle a une couleur de peau verte et c’est la raison pour laquelle elle est rejetée par tout le monde, même par sa sœur en chaise roulante (the Wicked Witch of the East) qui a une couleur de peau normale (oui, la loose). En entrant à l’Université de la Magie, elle rencontre Glinda, celle qui deviendra la Fée (the Good Witch). Elle est blonde, jolie, populaire, mais aussi un peu stupide pour compléter le cliché. Elles sont d’abord ennemies mais tissent rapidement une amitié qui les mènera jusqu’au Magicien d’Oz (the Wizard of Oz).

[spoilers] Un jour, Elphaba apprend qu’elle est demandée par le Magicien d’Oz en personne. Ayant toujours voulu le rencontrer, elle se précipite à son palais ; cependant quand elle discute avec lui, elle se rend compte que son grand projet est de l’utiliser elle et ses pouvoirs de sorcière contre les Animaux, doués de conscience et de parole, pour les réduire à l’état de simples bêtes sauvages. Car d’après lui, seuls les hommes devraient en avoir le pouvoir. (Je rappelle que le Magicien est un gros imposteur qui est arrivé au pays d’Oz à bord d’une montgolfière provenant du Kansas et ne possède aucun pouvoir magique.) Indignée, Elphaba tente de réduire ses plans à néant mais se fait sévèrement réprimer par les autorités : elle est obligée de s’enfuir, pourchassée par une armée de soldats. A cause de la campagne de propagande du Magicien sur le peuple ignorant des Muchkins, elle devient la Méchante Sorcière de l’Ouest. Quant à Glinda, elle demeure tranquillement dans la Cité d’Emeraude aux côtés du Magicien, et élevée au statut de Fée, elle l’aide à accomplir ses objectifs, plus par lâcheté que par méchanceté.

Pourquoi cette comédie musicale est un vrai coup de cœur : 

  • Evidemment, les chansons : on m’a offert le CD à la sortie (merci pour tout Bonnie !) et quelques fois je les écoute en boucle sur mon iPod. D’ailleurs, la plupart ont déjà été reprises. La plus connue est Defying Gravity (ma préférée), qui est chantée par Rachel et Kurt dans Glee. Le fait qu’Idina Menzel et Kristin Chenoweth (Elphaba et Glinda dans le cast original de 2003) jouent toutes les deux dans la série est un gros clin d’oeil. Mika et Ariana Grande ont repris Popular ensemble, qui est devenue Popular Song. 
  • Ce qui rend ce musical génial : des comédiens talentueux, des danseurs super-doués et des décors et costumes époustouflants !
  • Les valeurs communiquées : Elphaba possède le courage qu’on devrait tous avoir quand il s’agit de combattre l’injustice, quitte à passer pour le méchant de l’histoire. Elle décide de choisir le bien, la justice et la vérité contre le mal, la corruption et le mensonge. J’aime le fait que cette comédie musicale renverse l’habituelle vision manichéenne – gentils contre méchants : les apparences sont parfois trompeuses. Même si c’est juste un personnage fictif, Elphaba m’a beaucoup inspirée.
  • Le changement de notre point de vue sur l’histoire originale du Magicien d’Oz de L.M. Baum : en rentrant des Etats-Unis je me suis empressée de regarder le film de 1939 avec Judy Garland (qui, malgré la date, ne fait pas si vieux que ça) et je tenais donc avec la méchante de l’histoire plutôt qu’avec Dorothy et ses amis (même si le livre sur lequel est basé l’histoire de Wicked a été écrit bien après l’histoire originale). #teamelphaba #dorothyisabitch
  • La découverte de comment les autres personnages du Magicien d’Oz sont devenus ce qu’ils sont : le lion en manque de courage, l’épouvantail qui aimerait avoir un cerveau, l’homme de fer qui recherche un cœur, les singes volants…
  • L’ histoire d’amour assez originale ! (et qui fait pleurer)
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Wicked connaît énormément de succès et a déjà attiré des millions de personnes dans le monde entier : elle est jouée aux Etats-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en Allemagne, et même au Japon. A quand la France ?

Son succès a inspiré la création du film Le Monde Fantastique d’Oz (Oz the Great and Powerful), sorti en 2013. Attention, l’histoire n’est absolument pas la même que la comédie musicale : le film adopte le même point de vue sur les personnages que celui de 1939. En ce moment, the Wicked Witch of the West apparaît dans la série Once Upon a Time sous le nom de Zelena. Soit dit en passant, ça me perturbe beaucoup que l’actrice soit rousse aux yeux bleus plutôt que brune aux yeux marrons mais j’aime assez bien comment les réalisateurs l’ont introduite dans l’histoire (d’ailleurs cette série m’émerveille de plus en plus car ils réussissent à lier tous les personnages de contes de fées ensemble tout en gardant une certaine cohérence).

En clair si vous avez la possibilité d’aller voir Wicked, surtout n’hésitez pas, ça vaut vraiment le détour et vous aurez des étoiles plein les yeux ! 🙂 Je pense aller le revoir une deuxième fois dans peu de temps à Londres : addicted.

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By the way : la chanson Let It Go (Délivrée, Libérée) du Disney Frozen (la Reine des Neiges) a été comparée à Defying Gravity en raison de son thème similaire et de la même chanteuse Idina Menzel. Pas étonnant que ces deux-là fassent partie de mes chansons préférées. Il est même question d’adapter ce film d’animation… en comédie musicale ! ❤